UNE AVENTURE D’HOMME 3ème partie (le chemin de Via de la Plata)

Mérida – Salamanca

 

 

Pour le mécréant que je suis, je me demandais à quoi rime ce pèlerinage, peut être tout simplement à réfléchir sur soi même et sur le sens de la vie.

 

 

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Il est 7h45 à Mérida quand nos deux pèlerins se mettent en route pour Aljucen, étape de 16 kms. Malheureusement un mauvais balisage leur fait perdre pas mal de temps ainsi qu’à d’autres marcheurs. Cet incident nous permet de rencontrer Paul et Jean Marie. Après avoir traversé un barrage de l’époque romaine ils cherchent un endroit pour un petit déjeuner qu’ils n’ont pas pu prendre à l’auberge, hélas tout est fermé. Ils arrivent vers 11 heures, s’installent dans un bar où ils rencontrent Jean François un ancien pilote de Mirage III et ancien formateur sur Airbus.

 

Le lendemain ils partent en direction d’ Alcuéscar, parcours sans grand intérêt. Paul et Gino  DSCN2117 (2)partent devant et Jean Pierre les retrouve à l’arrivée. L’auberge est située dans un couvent qui est aussi une maison de retraite pour handicapés.  Ils rencontrent Sylvain, un parisien avec qui ils déambulent dans le village désertique car le samedi les magasins sont fermés, même l’église. Après avoir diné, ils rejoignent le couvent et  ils s’installent dans un dortoir qui est une grande salle de 27 lits où ils rencontrent trois espagnoles munies de petits sacs et d’une grande valise qu’elles font suivre d’étape en étape par des taxis. Chacun fait son chemin.

 

Levés tôt pour partir à 6h15 à Casa de Caceres (situé à 23 kms), le départ se fait après un petit déjeuner pris en compagnie de Paul qui fait le trajet avec eux, bien que celui-ci marche vite.

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DSCN2135 (2)Ils arrivent  7 heures plus tard à Caceres sous une forte chaleur et bien contents de pouvoir se DSCN2132 (2)désaltérer dans un bar. Après avoir repris des forces, ils montent sur le haut de la vieille ville où se trouvent l’église et le parador.  Dans la descente du retour, ils se perdent; ils ont beaucoup de mal à obtenir des renseignements corrects, même la police les envoie dans une direction opposée. Enfin la petite équipe arrive à l’auberge où leur ami Fidelis est déjà là. Il a la gentillesse de laisser à Jean Pierre le lit du bas. Ils font connaissance d’un pèlerin australien qui est bâti comme une armoire  mais qui souffre aux jambes. Il faut dire qu’il a un sac à dos proche de 20 kg.  Ils vont tous dîner dans un resto, où ils découvrent un fromage le « Torta de Caceres », fabriqué dans le pays qui ressemble un peu au Reblochon. Après, au lit (BONNE NUIT LES PETITS)….

 

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Après un arrêt à Embalse de Alcantara, Gino et Jean Pierre se dirigent vers Grimaldo situé à 21 kms. Le parcours est parsemé de genêts en fleurs, de pins Maritimes et de chênes. Au cours de leur marche ils croissent un troupeau de vaches noires à poil luisant. Gino est allé de l’avant. Jean Pierre marche avec Paul à leur allure, mais au bout d’un moment, ils ont l’impression d’avoir été trop loin. Jean Pierre appelle Gino qui est arrivé à l’auberge. Hélas le demi-tour s’impose. Finalement ils aperçoivent le sentier qu’ils devaient prendre. Paroles de randonneurs la signalisation est à peine voyante. Le soir Gino regarde la finale de la coupe du monde mais au bout d’un moment le propriétaire lui dit de sortir de la salle car il ferme. En perspective de l’étape du surlendemain qui est très longue (40 kms), ils réservent une chambre d’hôtel.

 

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Direction Carcaboso (32 kms) avec leurs compagnons, malheureusement le balisage est mauvais. Paul se trompe et ils se retrouvent dans un village par lequel ils ne devaient pas passer. La chaleur et le fait de marcher sur la route rendent l’étape fatigante. A midi, ils font une halte à Galistero pour déjeuner. C’est un village médiéval fortifié doté d’un pont romain.

 

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Ils reprennent leur marche le long de la route et sous une forte chaleur. Ils arrivent très fatigués à l’auberge « CHEZ HELENA ». L’accueil est chaleureux. Ils rencontrent Jean, un pèlerin de Nantes, ancien avocat, qui devait partir il y a quatre ans avec sa femme, malheureusement elle est décédée trois jours avant le départ. Un homme intéressant qui parle de sa vie, il marche en moyenne 40 kms par jour.

 

Note personnelle :  Ce type de rencontre est toujours enrichissante, chaque homme doit découvrir son chemin et affronter la réalité.

Il est important de se rappeler que les hospitaleros  qui reçoivent les pèlerins dans les auberges sont des bénévoles. Jean Pierre m’a transmit à ce sujet une citation : « celui qui te donne son temps te donne la plus belle chose de ce qu’il possède »

 

Après une journée difficile et une soirée intéressante ils partent le lendemain à 7 h en direction de Jarilla, une belle étape ensoleillée de 20 kms.  Ils s’arrêtent à l’Arco de Caparra*,  lieu mythique de la Via de la Plata. C’est un très beau site situé au milieu du désert. L’étape étant longue, un hôtelier vient chercher les pèlerins et il les conduit dans un village proche de Jarilla.  Gino et Jean Pierre s’installent dans leur chambre avec plaisir, dommage que l’hôtel soit bruyant car c’est aussi un relais routier.

 

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* Les restes de l’Arche Caparra appartiennent à ce qui était autrefois une ville romaine de Cappara, construit entre le premier et le deuxième siècle.

 

Direction Alcazada de Bejar  situé à 35 kms, ils partent à 7h15 sur une route au début bien balisée par l’hôtelier. Arrêt à Aldeanueva del Camino où ils se prennent un chocolato con churros puis ils finissent par déjeuner sur place. Cela restera un très bon souvenir gastronomique : Rognons d’agneaux à la plancha accompagnés d’un verre de vin rouge. Ils reprennent la route pensant s’arrêter à Puento de Bejar hélas l’auberge est fermée. Ils doivent faire 8 kms de plus à travers une forêt de chênes et de genêts. Ils arrivent avec Paul au gite qui est très bien mais le repas est servi un peu tard à cause du match de foot du Barça – Real de Madrid. Lors de cette soirée ils rencontrent un catalan de St Laurent de Cerdans qui est accompagné depuis quelques jours par un Toulousain Arthur au look particulier : cheveux blancs,  longue moustache et barbichette (copie de Buffalo Bill).  Le soir grande discussion sur le Camino de la Plata et tous s’accordent à dire que c’est le plus dur des chemins de St Jacques.

 

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Direction  Fuenterroble de Salvatierra un parcours de 20 kms. Lors de cette marche Jean PierreDSCN2200 (2) et Gino font mieux la connaissance de leurs compagnons de route Etienne et Arthur. Ils apprennent qu’Etienne était dans l’armée en tant que chasseur alpin (comme Jean Pierre), il a terminé sa carrière dans une ambassade en Amérique du sud avec le grade de colonel.  Arthur,  est professeur aux beaux arts de Toulouse (ce qui explique son look). Le parcours est agréable, ombragé avec une petite fraîcheur. Ils arrivent au lieu de leur couchage qui est une auberge paroissiale, tenue par deux religieux.  Le soir une messe est célébrée et traduite en français ainsi qu’en anglais.  Le repas (rognons avec échine de porc) est servi par le prêtre qui a dit la messe, puis dodo.

 

 

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DSCN2213 (2)Le lendemain, ils partent tous pour San Pedro, une marche de 7 heures avec une certaine fraîcheur et un vent fort. Le dénivelé est important avec une montée au col de Picodueno  situé à 1170 m. La DSCN2215 (2)descente se fait dans une forêt ombragée de chênes. Sur le parcours ils voient beaucoup d’éoliennes installées sur des crêtes avec autour un paysage désertique comme d’ailleurs le village où se trouve l’auberge.  Au cours de la soirée, ils rencontrent  un certain nombre de pèlerins français et d’autres nationalités. Ils se retrouvent tous dans l’unique restaurant du village. Jean Pierre et Gino décident de commander un taxi pour le lendemain afin d’aller à Salamanca et de profiter d’une journée de repos et surtout de visiter la ville.

Remarque : Au moment ou la Catalogne souhaite faire un référendum sur son indépendance, Jean Pierre me signale un fait  montrant une incompréhension et même une révolte de certains sur ce sujet. Sur le bâton de rando de Jean Pierre il a les couleurs catalanes sang et or.  L’hospitalero lui demande la signification de ces couleurs. Il lui répond que se sont les couleurs de la catalogne du nord. En colère il lui répond  « qu’il n’y a pas de catalogne nord ni de catalogne sud, il y la France et l’Espagne ».  Après une discussion très vive, qui allait mal se terminer, la conversation s’arrête mais l ‘hospitalero en oublie de tamponner le crédenciel de Gino.

 

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A bientôt pour la suite.

 

J’ai envie de dire : peu importe le chemin mais leur volonté d’arriver suffit à les faire avancer.   

 

Ecrit par Christian H.

 

A suivre : Salamanca – Santiago

aucun
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8 Comments

  1. jean pierre dit :

    en te lisant je continu a faire le chemin,sans se lever tot, etapes par etapes.Je ne voie pas GINO devant moi qui m’attend. Aujourd’hui je suis a l’abris , assis sur une chaise, devant l’ordinateur, les bons souvenirs reviennent, et resteront a jamais en memoire et les souffrances sont deja oubliées.je pense deja a faire mon 5°chemin

    merci Christian

  2. mimi dit :

    Les tx avancent ! mais bon, il faut rester serein…
    Nous serons contents de vous revoir aussi, l’été aura quand même vite passé. Surtout qu’ici il ne fait pas de grosses chaleurs, on compte sur la Corse pour bronzer !!

    Bisous à tous les 2 aussi.

    • christian dit :

      Bonjour Mimi, merci pour ta contribution au site WEB et pour tes articles. Je viens de mettre la deuxième partie de ton article sur les femmes à l’époque féodale. Je te signale qu’un message à été mis sur Twitter informant du sujet que tu as fait et où il peut être lu. Bises et à bientôt

  3. mimi dit :

    que de rencontres ! bisous de La Rochelle.

    • christian dit :

      Bonjour à vous deux,

      Merci pour le commentaire et nous espérons que vous allez bien et que vous avez bien avancés sur vos travaux. Pour notre part tout se passe bien mais le temps est très variable.
      Nous serons content de vous retrouver et espérons que votre séjour en Corse se passera bien.

      Bises à vous deux – Christian

      • nathalie de villepin dit :

        Bravo, mieux vaut tard que jamais… je suis enfin aller sur le site… Les photos sont vraiment très bien insérées et tes commentaires perso, vraiment bien. Sincèrement bravo et j’attends la suite… Maintenant que je sais comment aller sur le site…

        • christian dit :

          Bonjour, merci de ta visite sur mon site et de ton commentaire. J’ai mis la suite de l’article sur une histoire d’homme ainsi que l’article sur les femmes à l’époque féodale. Christian

  4. gino.llanca dit :

    grâce à toi Christian,je suis à nouveau sur le chemin,et revit des moment inoubliable,avec mon ami jean pierre.bravo!!!

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