UNE AVENTURE D’HOMME SUITE (LE CHEMIN DE VIA DE LA PLATA)

Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l’un avance, l’autre veut le dépasser; Et moi comme un imbécile, je marche.   Raymond DEVOS

 

Séville – Mérida

 

Ce carnet de route vécu par quatre pieds reflète le vécu de deux pèlerins, Jean Pierre et Gino.   

 

Il est 8 heures quand Gino et Jean Pierre quittent le gite situé dans le quartier de Triana à Séville. Leur nuit a été un peu bruyante dû au fait que c’est aussi une auberge de jeunesse et on y croisse des jeunes, comme des retraités qui font aussi le chemin. Les voilà partis pour ce diriger vers Mérida un tronçon de plus de 210 kms  qui est une des étapes importantes sur la via de la Plata.

 

DSCN2004Mais pour arriver à cette première grande étape, Ils vont devoir faire des escales à Guillema, Castiblanco, Almadén, El réal de la Jara, Monesterio, Fuente de Cantos, Zafra, Villafranca , Torremegia et enfin à Mèrida.

 

 

 

Au cours de ce parcours ils ont traversé un environnement naturel où se déroule un itinéraire bucolique, champêtre, pastoral. L’enchaînement des étapes est un trait d’union qui relie entre elles des villes sublimes, des monuments qui apportent  autant de témoignages d’une civilisation qui a su s’enrichir des croyances, des systèmes de pensée et des savoir-faire apportés par l’Histoire.

Mais c’est aussi des rencontres comme ce jeune australien qui est baptisé l’indien, un catalan qui marche plus vite que son ombre mais aussi Jean Claude que nous rencontrons à Castiblanco après une marche de 18 kms. Ancien professeur de physique et de photo avec qui ils ont eu de grandes discussions sur la musique car il faisait partie d’un ensemble  de deux violons et d’un violoncelle.

 

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DSCN2007Le lendemain les voilà repartis à 6h15 en direction Almadén (29 kms). Jean Claude reste un peu avec eux. Ils traversent des paysages très beaux et vallonnés avec beaucoup de fleurs. Gino galope, il est en pleine forme, Jean Pierre marche comme à son habitude, à son rythme mais les premières douleurs aux pieds apparaissent.

 

 

 

IMG_0071Le jour suivant, ils se dirigent vers El Real de la Jara et traversent des forets de chênes, ils croissent des élevages de cochons noirs IMG_0061(Bellota), cochons qui vivent en liberté et qui se nourrissent uniquement de produits de la nature. Jean Claude est toujours avec eux. Ils ont de grandes discussions (il est dans une obédience maçonnique très particulière). Après 4h20 de marche ils arrivent dans l’auberge où ils font la rencontre de Bénédicte qui leur raconte sa vie et entre autre qu’elle a reçu une lettre de son médecin lui annonçant qu’elle avait un cancer. Elle décide alors de faire une partie du chemin de Compostelle ce qui va lui changer sa vie et lui donner de l’espoir. En arrivant à Fisterre (la fin de tous les chemins) elle brûle la lettre du médecin qui annonçait son cancer.

 

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DSCN2003Le lendemain nos deux pèlerins se mettent en route à 6h45 pour seDSCN2013 diriger vers Monesterio (20 kms) par un temps frais. Au cours de ce parcours ils traversent des forêts d’eucalyptus font des rencontres de troupeaux de vaches à cornes ainsi que des chèvres avec un pelage  marron et blanc. Arrivés à Monesterio qui est la capitale du cochon et après qu’ils se soient installés dans l’auberge, ils vont visiter le musée dédié au cochon.Sur le chemin ils passent  devant une très grande charcuterie spécialisée dans le cochon. Gino propose de préparer un repas avec du Bellota, une salade de tomates et du fromage, sans oublier un Rioja. Dans l’auberge, ils retrouvent l’indien qui vient de se faire voler ses chaussures, hé oui là aussi ! Heureusement Jean Claude réserve à Jean Pierre une surprise : il lui fait écouter via son Iphone  le « Cant dels ocelles » composé par Pau Casals ….  un moment de bonheur.

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Leur chemin de Via de la Plata continue malgré des ampoules de plus en plus douloureuses. Le soir l’infirmerie est très active, sparadraps et crème sur les pieds sont indispensables. Ils se dirigent vers Zafra (26,8 kms), sous un fort soleil, sans ombre et sans avoir pris de petit déjeuner car l’aubergiste n’était pas encore là au moment de leur départ. A mi chemin ils trouvent enfin un petit abri ombragé où ils voient passer « Mme Chanel » surnommée ainsi par Jean Claude car elle ne couche pas dans les auberges et lors des repas elle est couverte de bijoux.

 

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IMG_0065Nos marcheurs arrivent à Villafranca après une marche de 19 kms IMG_0055sans grand intérêt et monotone où ils traversent des hectares de vignes et d’oliviers. Le soir Jean Claude décide d’arrêter à cause de son mal aux pieds. Pour remercier Jean Pierre et Gino de leur gentillesse il les invite dans un superbe petit resto, qui n’est pas un menu pèlerin. Ils se séparent avec beaucoup de tristesse et un peu les yeux mouillés. Le soir à l’auberge ils rencontrent Paul qui est d’Angoulême

 

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Les voilà partis à 6h15 pour Torremegia (27 kms). En partant tôt ils évitent ainsi les fortes chaleurs et après 7 heures de marche ils  arrivent à destination. Au cours du parcours ils croisent un groupe d’italiens dont Arnaldo âgé de 77 ans mais qui galope comme une gazelle. Le soir à l’auberge ils rencontrent  Fidelis un coréen de 66 ans, ancien ingénieur qui écrit des livres sur les chemins de Compostelle  et qui sont édités en Corée du sud, il part très tôt le matin et se dirige avec son GPS et appareils électroniques, à son arrivée d’étape il se met toujours à son ordinateur, c’est un pèlerin du XXI éme siècle.

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IMG_0118Le 8 mai  ils partent vers leur première partie de leur chemin de Compostelle, Mérida. Démarrage à 7h15 avec un peu de fraîcheur, pour parcourir 15,6 kms. Le chemin ne présente pas de difficultés. Ils longent des vignes, marchent le long de routes et de zones industrielles.

 

Ils atteignent Mérida par le port Romain vers 11h.

 

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Au cours de leur installation à l’auberge ils rencontrent Paul et Jean Marie puis visite du centre ville, du théâtre et de l’aqueduc. A 19 heures il faisait encore 37°.

 

 

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Fatigués par cette première partie du chemin, les pieds décorés d’ampoules (surtout pour Jean Pierre),  ils décident avec sagesse de se coucher tôt. Malheureusement la lumière reste allumée tard à cause d’un couple Slovaque qu’ils  rencontrent souvent.

 

Bravo à vous deux pour cette première partie, je vous adresse cette citation chinoise :

 

Le plus long de tous les voyages commence par un tout petit pas.  

 

Ecrit par Christian H.  

 

A suivre : Mérida – Salamanca 

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